Smurfit Westrock : quatre usines françaises d’emballage passent au zéro émission nette

Quatre usines françaises d’emballage de Smurfit Westrock affichent désormais des émissions opérationnelles nettes nulles sur les scopes 1 et 2, après une campagne de modernisation menée en 2025. Le géant de l’emballage y a remplacé chaudières au gaz et au fioul par des pompes à chaleur électriques, avec environ 300 tonnes de CO2 évitées par an à la clé.

En bref
— Quatre sites concernés : La Chapelle-Agnon, Beychac-et-Caillau, Hirson et Saint-Amand-Montrond.
— Chaudières gaz et fioul remplacées par des pompes à chaleur électriques à refroidissement adiabatique.
— Environ 300 tonnes de CO2 évitées et 230 MWh économisés chaque année (estimation du groupe).
— Objectif : une vingtaine de sites européens modernisés d’ici fin 2027.

Quatre usines, quatre territoires industriels #

Les sites retenus pour cette vague de modernisation couvrent quatre régions : Dore Emballage à La Chapelle-Agnon (Puy-de-Dôme), Distribution Vin à Beychac-et-Caillau (Gironde), Nord Emballages à Hirson (Aisne) et Somica à Saint-Amand-Montrond (Cher). Des unités de taille moyenne, représentatives du tissu de cartonneries et d’usines de transformation du groupe en France.

Selon les informations publiées par Graphiline, ces quatre sites atteignent désormais des émissions opérationnelles nettes nulles pour le scope 1 — les émissions directes des installations — et le scope 2, celles liées à l’énergie achetée.

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La sortie des chaudières gaz et fioul #

Le levier principal est la chaleur. À Hirson et Saint-Amand-Montrond, les chaudières au gaz et au fioul ont cédé la place à des pompes à chaleur électriques, associées à un système de refroidissement adiabatique. Moins de combustion sur site, c’est mécaniquement moins de fumées, moins de NOx et moins de CO2 rejetés à la cheminée.

Sur les quatre usines, les chariots élévateurs au GPL ou au carburant ont également été remplacés par des modèles électriques. Enfin, l’alimentation électrique des sites est passée en 2025 à un approvisionnement presque entièrement renouvelable, adossé à des certificats d’électricité verte.

Des gains chiffrés, mais estimés #

Le groupe attend de ces travaux une économie d’énergie d’environ 230 MWh par an et quelque 300 tonnes de CO2 évitées annuellement. Prudence toutefois : il s’agit d’estimations prévisionnelles du groupe, pas encore d’un bilan mesuré, et la répartition précise par site n’a pas été détaillée.

Le recours aux certificats d’électricité verte appelle aussi une lecture attentive : la neutralité revendiquée sur le scope 2 repose en partie sur ces instruments contractuels, et non uniquement sur une production renouvelable locale.

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Une vingtaine de sites visés d’ici fin 2027 #

Ces quatre usines françaises s’inscrivent dans un programme européen plus large : neuf sites ont déjà été modernisés à ce jour, et le groupe vise une vingtaine d’ici fin 2027. La suite s’annonce plus ardue, puisque Smurfit Westrock indique vouloir s’attaquer désormais à des sites industriels plus importants — papeteries et cartonneries lourdes — où les besoins de chaleur se chiffrent en dizaines de gigawattheures.

Pour ces gros consommateurs, le groupe évoque la possibilité de mobiliser des aides publiques. En France, les dispositifs de soutien à la décarbonation de l’industrie recensés par la Direction générale des Entreprises ciblent précisément ce type de projets d’électrification de la chaleur et d’efficacité énergétique.

Un signal pour les émetteurs de taille intermédiaire #

L’exemple est intéressant pour toute la filière : la décarbonation ne concerne pas que les cinquante sites les plus émetteurs. Des usines moyennes, équipées de chaudières fossiles vieillissantes, peuvent basculer vers la pompe à chaleur industrielle en un chantier court, avec un gain immédiat sur les rejets atmosphériques et la facture énergétique. Reste la question du coût du mégawattheure électrique, qui conditionne la rentabilité réelle de ces conversions.

Questions fréquentes #

Que couvrent exactement les scopes 1 et 2 ?

Le scope 1 regroupe les émissions directes du site : combustion des chaudières, carburant des engins. Le scope 2 couvre les émissions indirectes liées à l’électricité et à la chaleur achetées. Les émissions de la chaîne amont et aval (scope 3) ne sont pas concernées par cette annonce.

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Les 300 tonnes de CO2 évitées sont-elles mesurées ?

Non, il s’agit d’une estimation prévisionnelle publiée par le groupe. Un bilan mesuré après une année complète d’exploitation permettra de confirmer ou d’ajuster ce chiffre.

Pourquoi remplacer une chaudière gaz par une pompe à chaleur réduit-il les fumées ?

Une pompe à chaleur électrique ne brûle aucun combustible sur site : il n’y a plus de gaz de combustion à évacuer, donc plus d’émissions directes de CO2 ni d’oxydes d’azote à la cheminée pour ce poste.

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