Captage du CO2 : le projet SCALA de Nuada décroche 14,6 millions d’euros du Fonds Innovation de l’UE

Le captage de CO2 industriel vient de marquer un point en France : le projet SCALA, porté par la société nord-irlandaise Nuada, a été retenu par le Fonds Innovation de l’Union européenne et recevra 14,6 millions d’euros pour capter le CO2 d’une centrale biomasse des Hauts-de-France.

En bref
  • Le projet SCALA de Nuada obtient 14,6 millions d’euros du Fonds Innovation de l’UE.
  • Objectif : produire 10 000 tonnes de CO2 liquide biogénique par an.
  • Site retenu : la centrale de cogénération biomasse d’Idex, dans les Hauts-de-France.
  • Le procédé AdSpire est entièrement électrique et fonctionne sans solvant.

Un financement européen très disputé #

L’annonce a été relayée le 26 octobre 2026 : SCALA figure parmi les 77 projets sélectionnés en Europe lors de la dernière vague du Fonds Innovation, l’instrument de financement alimenté par les recettes du système d’échange de quotas d’émission de l’UE. Autrement dit, ce sont les quotas carbone payés par les industriels qui financent ici une installation de captage.

La Commission européenne a également attribué au projet le label STEP Seal, qui distingue les initiatives alignées sur les priorités technologiques stratégiques européennes. Pour un dossier de dimension moyenne face aux géants du secteur, cette double reconnaissance pèse lourd dans la crédibilité du calendrier de déploiement.

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Ce que SCALA va capter, et où #

Le projet s’installera sur la centrale de cogénération biomasse exploitée par Idex dans les Hauts-de-France. La cible annoncée est la production de 10 000 tonnes de CO2 liquide biogénique par an, un volume destiné à être valorisé plutôt que relâché dans l’atmosphère.

Le qualificatif « biogénique » a son importance. Le CO2 issu de la combustion de biomasse provient de carbone récemment absorbé par les plantes : une fois capté, il peut alimenter des usages industriels ou aboutir à des émissions négatives selon la filière de valorisation retenue. C’est précisément ce type de gisement que recherchent les producteurs de carburants de synthèse et l’industrie agroalimentaire.

AdSpire : un captage sans solvant, entièrement électrique #

La technologie de Nuada, baptisée AdSpire, rompt avec le captage aux amines qui domine le marché. Le procédé est entièrement électrique, fonctionne sans solvant et combine une chimie d’adsorption récompensée par un prix Nobel avec une technologie de vide avancée.

Selon l’entreprise, cette architecture réduit fortement la demande énergétique du captage et s’intègre plus facilement aux sites existants — deux points qui conditionnent le coût final de la tonne captée, principal frein à l’adoption chez les exploitants de chaudières et d’incinérateurs.

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Déjà testé sur un incinérateur britannique

Nuada ne part pas d’une feuille blanche : la société, basée à Belfast, a mené plusieurs campagnes pilotes, dont une démonstration récente sur le site Ferrybridge-1 d’enfinium, une unité de valorisation énergétique des déchets située dans le West Yorkshire, au Royaume-Uni. Le passage en France marque son premier déploiement commercial d’envergure sur le continent.

Ce qu’en disent les dirigeants #

Jose Casaban, co-directeur général de Nuada, qualifie SCALA de « jalon majeur » dans le déploiement commercial d’AdSpire. Son homologue Conor Hamill insiste sur l’enjeu de fond : le captage du carbone est selon lui « une infrastructure critique pour la décarbonation industrielle », à condition de devenir moins coûteux et plus simple à intégrer aux actifs existants.

Ce discours rejoint la réalité du terrain : pour une centrale biomasse ou une unité d’épuration de fumées, le captage reste aujourd’hui un investissement lourd, gourmand en vapeur et en place. Une solution électrique modulaire, si elle tient ses promesses en conditions réelles, change l’équation pour les sites de taille intermédiaire.

Et maintenant ? #

Ni Nuada ni Idex n’ont encore communiqué de date de mise en service pour l’installation des Hauts-de-France. Les prochaines étapes classiques d’un lauréat du Fonds Innovation — contractualisation de la subvention, ingénierie de détail, construction — s’étalent généralement sur plusieurs années.

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Le signal envoyé à la filière française du traitement des fumées est néanmoins clair : après les grands projets portuaires de captage-stockage, l’Europe finance désormais aussi des unités compactes greffées sur des centrales biomasse régionales. Les exploitants qui émettent du CO2 biogénique disposent d’un argument supplémentaire pour étudier la valorisation de leurs effluents gazeux.

Questions fréquentes #

Qu’est-ce que le CO2 biogénique ?

C’est le CO2 issu de la combustion de biomasse (bois, déchets organiques). Comme ce carbone a été absorbé récemment par les végétaux, son captage peut conduire à un bilan carbone neutre, voire négatif selon l’usage final.

Qui finance le Fonds Innovation de l’UE ?

Il est alimenté par les recettes du système d’échange de quotas d’émission (ETS) : ce sont les quotas achetés par les industriels européens qui financent les projets de décarbonation sélectionnés.

Le procédé AdSpire est-il déjà opérationnel ?

Il a été éprouvé lors de campagnes pilotes, notamment sur l’incinérateur Ferrybridge-1 d’enfinium au Royaume-Uni. SCALA constituera son premier déploiement commercial en France.

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Sources : Energynews (26/10/2026) et le Fonds Innovation de la Commission européenne.

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