Odeurs d’hydrocarbures autour de la raffinerie de La Mède après les orages : ce que l’on sait

Après les violents orages du lundi 19 octobre 2026, des riverains de l’étang de Berre ont signalé des odeurs d’hydrocarbures autour de la plateforme TotalEnergies de La Mède. L’exploitant attribue ces odeurs de fioul à une résurgence de pollution historique dans un parc de stockage, et prévient que des épisodes de torchage peuvent être visibles pendant la remise en route.

En bref
  • Déclencheur : l’épisode pluvio-orageux de la fin de journée du 19 octobre.
  • Origine avancée : la pluie a fait remonter une ancienne pollution dans le parc de stockage ouest.
  • Mesures : rien d’anormal côté est selon l’exploitant, campagne approfondie à l’ouest et au sud.
  • Torchage possible pendant la stabilisation des unités.

Que s’est-il passé à La Mède ? #

D’après Maritima, qui a relayé le 20 octobre la communication de TotalEnergies, l’orage a provoqué d’importantes perturbations techniques sur le site. Elles ont touché à la fois les unités de production et le réseau de traitement des eaux résiduaires.

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L’accumulation d’eau de pluie sur la partie ouest de l’établissement a, selon l’exploitant, fait remonter une pollution ancienne au niveau du parc de stockage. C’est cette zone que le groupe désigne comme l’origine des odeurs de fioul ressenties par les habitants.

Que disent les premières mesures ? #

Les contrôles cités sont ceux de l’exploitant. Sur le secteur est, TotalEnergies indique n’avoir relevé aucune anomalie ni gaz toxique à des niveaux anormaux. Sur les secteurs ouest et sud, une campagne de mesures plus poussée était en cours depuis la nuit précédente.

À ce stade, aucun chiffre de concentration n’a été rendu public dans les informations relayées. Ni l’association de surveillance de l’air AtmoSud ni l’inspection des installations classées ne sont citées dans ce premier bilan. Il faudra donc attendre d’éventuelles mesures indépendantes pour juger de l’épisode.

Les secours ont aussi adressé une consigne pratique : ne pas saturer les lignes des sapeurs-pompiers (18 ou 112), sauf en cas de malaise ou de gêne respiratoire avérée.

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Pourquoi des flammes de torche peuvent apparaître #

L’exploitant a prévenu que les opérations de stabilisation pouvaient entraîner des mises à la torche visibles de l’extérieur. La torche est un dispositif de sécurité : quand des unités sont arrêtées, redémarrées ou perturbées, les gaz qui ne peuvent pas être traités normalement y sont brûlés plutôt que relâchés tels quels.

Une flamme haute ou une fumée sombre impressionne, mais elle signale d’abord une marche dégradée du procédé. C’est pour cette raison que les riverains d’un site pétrochimique voient souvent des torchages après un incident, un orage ou une coupure électrique.

Odeur ne veut pas dire danger, mais elle doit être expliquée

Une odeur ne renseigne pas, à elle seule, sur une concentration : seules des mesures permettent de conclure à un risque ou non. Elle reste en revanche une émission diffuse, que l’exploitant doit identifier et maîtriser, d’autant plus quand elle provient d’une pollution des sols et non d’une cheminée.

Un site reconverti, mais un passé pétrolier #

La Mède, rattachée à Châteauneuf-les-Martigues, n’est plus une raffinerie de pétrole brut classique. Selon la fiche consacrée à la plateforme, le raffinage traditionnel s’est arrêté en décembre 2016 et une bioraffinerie produisant du biogazole HVO a démarré en juillet 2019, avec une capacité de 500 000 tonnes par an.

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Le site a gardé d’autres activités, dont un stockage logistique de 1,3 million de mètres cubes. Plus de 80 ans de raffinage, depuis la mise en route en 1935, ont laissé des sols marqués. L’épisode du 19 octobre montre comment une forte pluie peut faire ressortir cette pollution historique, même sur une installation dont l’activité a changé.

Ce qu’il faut surveiller dans les prochains jours #

Trois points diront si l’épisode est clos : la publication des résultats de la campagne de mesures sur les secteurs ouest et sud, la fin des torchages une fois les unités stabilisées, et la réponse des services de l’État sur la pollution du parc de stockage.

Pour les industriels du pourtour de l’étang de Berre, l’épisode rappelle aussi que les réseaux d’eaux pluviales et les zones de stockage sont des points faibles lors des orages méditerranéens d’automne.

Questions fréquentes #

D’où viennent les odeurs de fioul autour de La Mède ?

Selon TotalEnergies, d’une résurgence de pollution ancienne dans le parc de stockage ouest, provoquée par l’accumulation d’eau de pluie après l’orage du 19 octobre.

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Les mesures ont-elles détecté des gaz toxiques ?

L’exploitant dit n’avoir trouvé aucune anomalie sur le secteur est. Une campagne plus poussée était en cours à l’ouest et au sud.

Faut-il appeler les pompiers en cas d’odeur ?

Les secours demandent de n’appeler le 18 ou le 112 qu’en cas de malaise ou de gêne respiratoire avérée.

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