Le golfe de Fos et l’étang de Berre, qui concentrent à eux seuls environ 25 % des émissions industrielles de CO₂ de la France, vont accueillir une Opération d’Intérêt National industrielle : la Métropole Aix-Marseille-Provence vient de détailler ce cap décisif pour la décarbonation du premier bassin industriel du pays.
Plan de l'article
Le plus gros point chaud d’émissions industrielles du pays #
Acier, chimie, raffinage, énergie, logistique portuaire : la zone industrialo-portuaire de Fos-Berre aligne les activités les plus émettrices du territoire. Selon la Métropole Aix-Marseille-Provence, le bassin représente environ un quart des émissions industrielles de CO₂ françaises et 40 % des émissions régionales.
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C’est précisément ce qui en fait le terrain d’essai national de la décarbonation lourde : électrification des procédés, hydrogène, captage de CO₂. Décarboner Fos-Berre, c’est agir sur le levier industriel le plus massif du pays en un seul lieu.
Une OIN, pour quoi faire ? #
Le statut d’Opération d’Intérêt National place l’aménagement du périmètre sous pilotage de l’État, avec des procédures d’urbanisme accélérées. L’avis favorable rendu le 15 octobre par le conseil métropolitain couvre plus de 7 000 hectares, recentrés sur les espaces à vocation industrielle.
La démarche s’inscrit dans la continuité de la feuille de route stratégique Fos-Berre adoptée fin 2024, puis du Projet Partenarial d’Aménagement validé en 2025. L’enjeu : raccourcir les délais entre l’annonce d’un projet industriel et sa mise en service, là où chaque année de retard se compte en millions de tonnes de CO₂ évitables.
Réindustrialiser sans réémettre #
Le pari de l’OIN tient en une équation : accueillir de nouvelles usines tout en réduisant les rejets globaux du bassin. Les terrains visés doivent accueillir les filières de la transition — électrolyseurs, carburants de synthèse, recyclage de batteries — qui ont besoin de foncier raccordé au port, au réseau électrique et aux canalisations existantes.
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Pour les quelque 1 500 établissements industriels et logistiques déjà présents et leurs 50 000 emplois, l’opération doit aussi sécuriser l’avenir : un site qui investit dans l’épuration de ses rejets et l’abattement de ses émissions a besoin de visibilité foncière et réglementaire sur vingt ans.
Des dispositifs nationaux en toile de fond #
Ce mouvement local s’adosse aux outils nationaux de réindustrialisation, à commencer par l’appel à projets « Première Usine » de France 2030, piloté par la Direction générale des Entreprises, qui finance les premiers sites industriels des start-up — dont beaucoup portent justement des technologies bas carbone.
Reste la question de la mesure : qui dit décarbonation dit surveillance continue des rejets, quantification des fumées et reporting réglementaire. Les exploitants du bassin devront prouver, chiffres à l’appui, que la trajectoire promise est tenue.
Questions fréquentes #
Qu’est-ce qu’une Opération d’Intérêt National industrielle ?
C’est un régime d’aménagement dans lequel l’État pilote l’urbanisme d’un périmètre jugé stratégique, avec des procédures accélérées. Appliqué à Fos-Berre, il vise à installer plus vite les projets industriels de décarbonation.
Pourquoi Fos-Berre est-il stratégique pour le climat ?
Le bassin concentre environ 25 % des émissions industrielles de CO₂ françaises et 40 % des émissions de la région, du fait de la sidérurgie, de la chimie et du raffinage qui y sont implantés.
Où en est la procédure ?
Le conseil de la Métropole Aix-Marseille-Provence a rendu un avis favorable le 15 octobre, après la feuille de route Fos-Berre de fin 2024 et le Projet Partenarial d’Aménagement validé en 2025. La création formelle de l’OIN relève désormais de l’État.




