Blue Paper à Strasbourg : dernière ligne droite pour l’enquête publique, les dioxines au cœur du dossier

Riverains et Strasbourgeois ont jusqu’au 2 novembre 2026 à 23 h 59 pour donner leur avis sur la demande de la papeterie Blue Paper, à Strasbourg, qui veut faire régulariser une hausse de sa production. L’enquête publique, ouverte le 8 septembre, a été prolongée au-delà de sa date initiale du 9 octobre. En toile de fond : un historique de dépassements, dont des rejets de dioxines dans les fumées de sa chaudière.

En bref
  • Enquête publique ouverte du 8 septembre au 2 novembre 2026, avis à déposer en ligne.
  • Demande : passer de 1 200 à 1 600 tonnes de papier par jour, soit +33 %.
  • Fumées : six mesures de dioxines non conformes relevées par l’inspection entre 2024 et 2025.
  • Aucune décision préfectorale n’était connue au 20 octobre.

Que demande Blue Paper ? #

Le site strasbourgeois est une installation classée pour la protection de l’environnement (ICPE), soumise à autorisation. Sa capacité autorisée est de 1 200 tonnes de papier par jour. L’industriel sollicite une autorisation environnementale pour la porter à 1 600 tonnes par jour, selon la chronologie du dossier publiée le 21 octobre par Actualités News Environnement.

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Il s’agit d’une procédure de régularisation. Un arrêté préfectoral du 4 mai 2023 avait mis l’exploitant en demeure de déposer une demande d’autorisation pour cette hausse de capacité, après des dépassements constatés par l’inspection. Le dossier a été déposé le 3 mai 2024. En clair, la papeterie demande l’autorisation de produire ce qu’elle a déjà, par moments, produit.

Quels dépassements ont été constatés ? #

D’après le même article, qui s’appuie sur le rapport d’inspection de la DREAL du 11 avril 2023, la capacité de 1 200 tonnes par jour a été dépassée « à de nombreuses reprises » en 2021 et 2022. Le seuil de 1 300 tonnes par jour aurait été franchi une soixantaine de jours par an.

Ces dépassements ont eu une suite judiciaire : le tribunal correctionnel de Strasbourg a condamné la société le 23 juin 2026 à une amende de 20 000 euros avec sursis pour les dépassements de production de 2021 et 2022, rapporte Actualités News Environnement en citant Rue89 Strasbourg et France 3 Grand Est.

Pourquoi les fumées de la chaudière CSR posent question #

Le point le plus sensible pour la qualité de l’air concerne la centrale de production de vapeur du site. Elle brûle des combustibles solides de récupération (CSR), c’est-à-dire des déchets non dangereux préparés pour servir de combustible. Ce type d’installation est encadré par une valeur limite stricte pour les dioxines et furanes dans les fumées : 0,1 nanogramme par normo mètre cube (I-TEQ).

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Le rapport d’inspection du 6 mai 2025, cité par Actualités News Environnement, liste six mesures semi-continues non conformes. Les relevés montent à 0,12 ng/m³ en août 2024, puis à 0,25 ng/m³ en décembre 2024 et en janvier 2025, soit deux fois et demie la limite. Un arrêté préfectoral du 4 février 2025 a mis l’exploitant en demeure sur ce point.

Un traitement complémentaire des fumées a été installé le 13 mars 2025. La mesure de mars 2025, à 0,07 ng/m³, est la première repassée sous la valeur limite dans la série citée.

Comment participer à l’enquête publique ? #

Les observations se déposent sur le registre dématérialisé de l’enquête, via le formulaire « Déposer votre observation ». Le registre permet aussi de consulter les contributions déjà publiées. La commissaire enquêtrice est Julie Mahler-Knepfler.

Une contribution utile est précise. Elle peut porter sur les conditions de surveillance des fumées, la fréquence des mesures de dioxines, la publication des résultats ou les garanties demandées en cas de nouvelle hausse de production. La commissaire enquêtrice rendra ensuite un rapport et un avis motivé, puis le préfet du Bas-Rhin statuera.

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Ce que ce dossier dit de la surveillance des fumées industrielles #

Le cas Blue Paper illustre le rôle de la mesure en continu ou semi-continue. Sans ce suivi, les pics de dioxines de l’hiver 2024-2025 seraient passés inaperçus entre deux contrôles ponctuels. C’est aussi une limite : le même dossier mentionne un dépassement de 2020 qui n’avait pas été signalé.

Pour les industriels qui brûlent des CSR, la leçon est concrète. Sur un site papetier, la chaudière fournit la vapeur du procédé : une cadence plus élevée peut la solliciter davantage. Le traitement des fumées doit être dimensionné pour la nouvelle cadence, et pas seulement pour l’ancienne. C’est l’un des points que l’autorisation, si elle est accordée, devra encadrer.

Questions fréquentes #

Jusqu’à quand peut-on donner son avis ?

Jusqu’au 2 novembre 2026 à 23 h 59, sur le registre dématérialisé de l’enquête publique Blue Paper.

Quelle hausse de production est demandée ?

Le passage de 1 200 à 1 600 tonnes de papier par jour, soit une hausse d’un tiers de la capacité autorisée.

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Les rejets de dioxines sont-ils revenus sous la limite ?

La dernière mesure citée, en mars 2025, était de 0,07 ng/m³, sous la limite de 0,1, après l’installation d’un traitement complémentaire des fumées le 13 mars 2025.

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