Nettoyage à l’eau ozonée : l’INRS alerte sur les émissions d’ozone dans les locaux de travail

L’INRS a mis en ligne le 13 octobre 2026 le numéro 284 de sa revue Hygiène et sécurité du travail, couvrant le troisième trimestre de l’année. Derrière un dossier principal consacré aux exosquelettes, ce numéro réserve plusieurs contenus qui parlent directement aux préventeurs chargés de la qualité de l’air : une mise en garde sur le nettoyage à l’eau ozonée, une note sur l’air dégradé des entrepôts de pneumatiques et une étude de cas sur les expositions en méthanisation-compostage.

Nettoyage à l’eau ozonée : des émissions d’ozone bien réelles #

C’est la note technique la plus concrète du numéro pour les ateliers et les sociétés de propreté. L’eau ozonée s’est installée dans le secteur du nettoyage grâce à trois arguments : une grande facilité d’emploi, un intérêt logistique évident et la promesse de réduire le recours aux produits chimiques classiques.

L’étude menée par l’INRS vient tempérer cet enthousiasme. Selon la présentation du numéro 284, certaines modalités d’utilisation, en particulier la pulvérisation et la dispensation avec remous, peuvent entraîner « des émissions significatives d’ozone dans l’air ». Autrement dit, un procédé choisi pour assainir les locaux peut lui-même devenir une source de pollution de l’atmosphère de travail si l’on ne s’interroge pas sur la façon de l’appliquer.

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Pour les employeurs qui ont adopté cette technique, le message est clair : l’étiquette « sans chimie » ne dispense pas d’évaluer le risque. L’ozone est un gaz irritant, et la manière de disperser l’eau ozonée pèse directement sur ce qui se retrouve dans l’air respiré par les agents de propreté.

Entrepôts de pneumatiques et sorbonnes de laboratoire #

Deux autres notes techniques complètent ce panorama de l’air intérieur professionnel. La première documente une qualité d’air dégradée dans les entrepôts de stockage de pneumatiques, un environnement logistique rarement étudié sous cet angle alors que des salariés y passent des journées entières.

La seconde s’intéresse à un phénomène plus discret : l’impact du passage de personnes devant une sorbonne de laboratoire. Le va-et-vient devant ces dispositifs d’aspiration peut perturber le confinement des polluants qu’ils sont censés capter. C’est un rappel utile pour tous ceux qui conçoivent l’implantation des équipements de captage : la ventilation ne se joue pas seulement dans la machine, mais aussi dans l’organisation des flux de circulation autour d’elle.

Méthanisation-compostage : des expositions encore mal documentées #

Le numéro propose aussi une étude de cas sur les unités de méthanisation-compostage, une filière en plein développement avec la transition énergétique. La méthanisation est un procédé biologique anaérobie qui produit du digestat et du biogaz, souvent complété par une étape de compostage.

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Les salariés de ces installations peuvent être exposés à des agents biologiques et chimiques dangereux pour la santé. Point notable relevé par l’INRS : ces niveaux d’exposition restent peu documentés. L’étude de cas publiée vise justement à combler ce manque de données, dans un secteur où les sites se multiplient plus vite que les référentiels de prévention.

Benzène : dix ans d’expositions passées au crible #

Côté risque chimique, le numéro 284 exploite la base Colchic pour dresser un portrait rétrospectif des expositions au benzène en France entre 2016 et 2025. Ce type de bilan de longue durée est précieux : il permet de voir si les mesures de prévention déployées dans les secteurs concernés ont réellement fait baisser les concentrations mesurées sur le terrain.

On notera enfin, parmi les appels à participation à la recherche lancés dans ce numéro, un sujet qui concerne au premier chef les émissions industrielles de demain : les particules ultrafines métalliques en fabrication additive. L’impression 3D métal se diffuse dans les ateliers, et la connaissance de ses émissions reste à construire.

Un automne chargé pour la prévention #

Cette parution s’inscrit dans une actualité dense pour l’institut. Quelques jours plus tôt, le 8 octobre, le mensuel Travail et Sécurité publiait son numéro d’octobre 2026 avec un dossier consacré aux équipements de protection individuelle, dernier rempart quand les protections collectives, captage et ventilation en tête, ne suffisent pas.

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Pour les responsables HSE, ces publications d’automne forment un ensemble cohérent : avant de protéger les voies respiratoires d’un salarié avec un masque, il faut comprendre ce qui se trouve dans l’air de son poste de travail. Qu’il s’agisse d’ozone issu d’un procédé de nettoyage présenté comme vertueux, de l’atmosphère confinée d’un entrepôt de pneus ou du biogaz d’une unité de méthanisation, la démarche reste la même : mesurer d’abord, capter à la source ensuite, et ne considérer l’équipement individuel que comme un complément.

Le numéro 284 d’Hygiène et sécurité du travail est consultable sur le site de l’INRS, avec l’ensemble des notes techniques et études de cas évoquées ici.

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